MEMORIES N' BONES

Selon Didier Anzieu la maison est une autre de nos peaux, sa projection.

Elle se construit de la même manière, une surface qui protège son contenu.

Par ses murs elle renferme son histoire, ses cicatrices, sa mémoire.

En tant qu'artiste je devais oeuvrer sur ce nouvel épiderme.

 

SURFACE : 

J'ai d'abord travaillé sur le contenant "la boite noire" comme enregistreur de données, réceptacle des souvenirs, témoin des évènements du lieu.

La boite noire est une partie invisible du système mais elle contribue à archiver les traces de ce qui a été.

 

CONTENU :

Les murs.

Ils sont le squelette de la maison, sa colonne vertébrale.

Je voulais nous plonger dans cette ossature en apesanteur, flottante comme un ectoplasme, décortiquée comme un vestige du passé.

La colonne est ce qui nous permet de tenir debout, aujourd'hui elle résonne encore plus, de nuit comme de jour, rester debout.

1'80 / 2'50

boite noire : contreplaqué

colonne vertébrale : photocopies, laine, néon UV

VENUS 2015

LA FAENA DE MULETA

 

Le mythe du minotaure au fond du labyrinthe raconte l’épreuve initiatique visant à détruire le monstre bestial qui se cache en chacun de nous.

L’homme sur la photo que j’ai choisie n’est autre que Julien LESCARRET , ancien matador Bayonnais.

Il y a eu une corrélation évidente entre ces 2 personnages.

 

Entre mythe et réalité il n’est question que d’images. Le combat contre le mal, le réseau labyrinthique pour cerner l’intru, son domptage, la périlleuse chorégraphie pour ne pas choir et enfin l’estocade, l’ultime passe en vue de la rémission.

VENUS

 L’être commun, l’écorché, est épinglé au fond de la boite comme un insecte qu’on étudie.

On regarde à travers le Plexiglas et l’oeil réorganise le corps déconstruit . L’écho de cette image nous renvoie à notre pérennité d’être humain, nos fragilités, nos intrus avec qui il faut parfois concilier.

Bashung disait de Vénus qu’elle était née des caprices (…) et que nous sommes guidé par une étoile première à éclairer la nuit ( peut-être celle là?)

Comment porter de la lumière dans l’ombre de la maladie. Et quand celle-ci s’éteint, quel visage porte ce corps familier soudainement habité par le funeste passager ?

Pour traiter cette part de mes questionnements j’ai utilisée du vernis phosphorescent .

Ainsi lorsque l’obscurité prend place, la lumière contenue dans la matière (ici le papier) continue à diffuser son énergie et alors apparait l’autre visage anxiogène , celui contre lequel il faut se battre pour survivre. 

Travail réalisé dans le cadre du projet "VENUS" avec le soutien de la galerie SpaceJunk de Bayonne.

63 x 48

impression sur toile N&B (cliché par Céline HAMELIN et selection préalable)

CP 10mm, Plexiglas, planches anatomiques, épingles, vernis phosphorescent.

 

Pièces exposées lors de l'exposition suite à la résidence "KUNST ZU GAST" à Forchheim

" On est toujours à l'endroit où on doit être, puisqu'on y est."

                               D.PENNAC-Journal d'un corps-

 

Cette résidence à forchheim fut la première. Pour l'occasion j'avais décidée de laisser de côté mes travaux actuels afin de me consacrer à l'expérience de la résidence. Le temps sur place était compté car nous ne disposion réellement que de 7 jours de travail. J'ai donc anticipée et le mois précédent mon départ je me suis penchée sur la question :  " en tant qu'artiste, que vais-je réellemnt laisser là-bas?"

Par élimination le constat primaire de ma trace sur place fut le même constat que ma trace humaine sur terre.

Nous passons notre vie entière à laisser des empreintes de toutes formes, mais plus précisément j'en suis revenue à utiliser celle du plat de mon index droit en l'utilisant comme motif.

 

Dans la lignée de mes artistes référants du moment (Guiseppe PENONE, JUDITH ANN BRAUN et Travis BEDEL) je ne peux nier la relation evidente de l'homme à la nature et leurs origines communes.

Tremper mon index dans l'encre , l'appuyer au centre d'une feuille et tracer son onde jusqu'aux limites du format. Ou encore jouer avec les intensités de pression et de geste comme avec n'importe quel outil de dessin.

Les symétries qui en résultent sont  organiques et ne sont pas sans rapeller les cernes de croissance des arbres.

 

Encore une fois le volume est évident et je continue de chercher à le dompter.

 

 

 

          

" Ce que je laisse "

encre sur index droit

Rouleau de papier à maroufler, encreur

1m x 6m

2014

 

" Le fil du labyrinthe "

Onde, tracée à main levée, de l'empreinte digitale centrale puis découpe et mise en volume

Papier, encreur, bic, carton mousse, épingles, Coffre en bois, Plexiglas

80cm x 80cm

2014

Selon KANDINSKY , l'artiste est un créateur qui doit exprimer ce qui est propre à son envie personnelle d'exprimer ou de ne pas exprimer, mais il doit aussi s'exprimer par rapport à son époque et selon les valeurs de langage de celle-ci. Puis au travers de ce langage il doit exprimer les éléments qui sont propres à l'art comme valeur universelle, hors de contrainte d'espace, de temps ou de forme. Il nomme cela " le principe de nécessité intérieure" ou comment s'adresser à l'âme du spectateur , à la profondeur de son être davantage qu'à sa sensibilité. Pour ce faire la notion centrale de son travail est le temps - il y a un temps à accomplir et un temps donné à la lecture de l'oeuvre - celui de la liberté de l'oeil à la parcourir. Par exemple pour la peinture il dira : " Plus tard je compris que cette séparation fixe comme par enchantement sur la toile un élément initialement étranger à la peinture et qui paraîtra difficilement saisissable : LE TEMPS." Alors comment aujourd'hui restituer le temps au temps? Nous savons tous que celui-ci est un réel précieux. Nous en manquons souvent, l'invoquons même. Dès lors nous sommes en permanence confrontés à des choix de l'immédiateté, aux facilités de l'instantané au profit de la qualité, nous parfaisons notre illusion du don d'ubiquité et en tout les cas nous faisons souvent ABSTRACTION de. La définition littéraire d'"ABSTRACTION" signifie " s'isoler de la société, traîner loin de, séparer de, détacher de , éloigner de." Bridget RILEY explique que dans ce sens l'abstraction est donc le résultat d'un effort intellectuel que tout le monde exerce dans l'idée de faire face aux expériences quotidiennes. Pourtant , en ART, l'abstraction n'a pas la même définition. IL ne s'agit pas d'ôter des éléments mais plutôt de les assembler intuitivement (lignes, couleurs, formes) et de ressentir leur relation dans l'expérience . Que créent-ils? A quoi font-ils écho? La spiritualité de l'oeuvre n'est jamais une intention projetée ou définie mais bien une réponse au résultat de l'expérience. Quand Louise BOURGEOIS parle de Francis BACON elle dit qu'il peignait la poussée d'adrénaline dans le système nerveux que provoque le besoin obsessionnel de s'exprimer. Encore une fois la nécessité d'éprouver l'intensité de faire. Je n'ai pas trouvée de meilleure formule. L'art traite de la vie et inéluctablement le mien en parle aussi et à tout commencement : UNE CELLULE. Les cellules peuvent être des métaphores intellectuelles, elles permettent de séparer les éléments d'un problème, de les analyser et ainsi mettre un peu d'ordre dans le chaos. Dans un précédent texte, j'évoquais mon travail méticuleux pour les "cellules" de papier. Je me suis ainsi penchée sur leurs assemblages, considérée leurs communications, intéressée à leurs vibrations, créant des motifs ou autres formes complexes par leur seules accumulations. Chaque "ajout" est une réponse à la précédente et ainsi de suite…. Pour chaque pièce spirographiée, découpée puis collée je dois réfléchir à son diamètre, sa couleur, sa forme et à sa dimension dans la forme globale. En aucun cas je n'anticipe par un croquis . Je me contrains à prendre le temps de réfléchir à ces diverses phases : forme, taille, couleur, espace, mais pas trop non plus pour ne pas " tuer " l'intuition. Beaucoup d'influences entrent en jeu lors de ces compositions; des artistes, des auteurs, rarement de la musique qui crée trop d'émotion et donc ne me laisse pas assez neutre, je préfère le silence total. Mais aussi les influences ethniques, les arts orientaux, l'art géométrique, cinétique, optique, graphique,… Ainsi la forme finale (car à un moment il FAUT définir une fin , malgré les formes exponentielles) des SANS-TITRE est donc l'expression extérieure du contenu intérieur - résultat d'un enchaînement logique interne mais dont je suis à peine le maître ! La composition est une organisation précise et logique des forces vives contenues dans chaque élément. TOUTE la nature découle d'une précision mathématique pure. Quand "on prend le temps" de coller son oeil aux choses on le constate est l'effet est hypnotique, kaleïdoscipal, sans fin, sans fond, quelque chose qui s'adresse à l'impalpable, au spirituel. Ainsi ma personnalité obsessionnelle et mon amour de la composition me permettent d'axer mes recherches dans ce sens. La partie droite du cerveau colmate ce que la gauche ne parvient pas à comprendre. Le chaos artistique VS l'ordre scientifique quoi ! :)

SANS TITRE

2014

Collages

80x120

Spirographes, colle, papier, carton mousse

Coffré dans du CP5/10 + plexiglass 4mm

SANS TITRE

2014

Collages

76x98

Spirographes, colle, papier, carton mousse

Coffré dans du CP5/10 + plexiglass 4mm

SANS TITRE

2014

Collages

80x120

Spirographe, colle, papier, carton mousse

Coffré dans du CP10 + plexiglass 4mm

               Il y a eu une pause. Une sorte de gestation qui aura duré 3 ans.

La dernière performance réalisée en public à Grenoble, fut « mitose ».

La mitose est la division d'une cellule mère en deux cellules filles.

L'artiste et l'être .

Je me suis retrouvée en face de cette fine membrane qui sépare le travail et la personne. L'espace est mince, aussi mince qu'une ligne.

De toujours il y a eu ce rapport aux transes, à la répétition du geste, à l'injonction, à l'état, aux transformations et aux métamorphoses.

 

Je travaillais sur nos peaux, de la charnelle à la sociale. Il y a eu beaucoup de masques, de parures, d'artifices et il y a eu mon corps comme prisme de ces expressions.

De la même manière que les surfaces de papiers se trouvaient transformées au contact de l'encre, j'utilisais ma peau comme surface modulable en la tranchant, la perçant ou la brodant.

Je ne me contentais pas de la voir uniquement comme une toile de fond mais plus comme conçue pour que des lignes s'inscrivent dessus.

 

Aujourd'hui je me préoccupe toujours de cette réflexion autour des lignes et des surfaces.

Tim Ingold, dans son ouvrage « une brève histoire des lignes », fait la distinction entre les lignes, les fils, les traces et les surfaces. Comment celles-ci influent-elles les unes sur les autres. Comment des points deviennent une ligne, des fils une surface ou une trace des fils. Comment au moyen de motifs répétitif la surface disparaît ou au contraire se révèle.

La ligne comme colonne vertébrale du motif . Le motif parce que sa répétition lui confère une symétrie pure .

 

Ma série des « sans titre » se concentre autour de ces observations.

La répétition du geste, la forme infinie et parfaite du cercle et des hypotrochoïdes , l'assemblage de multiples et minutieuses cellules de papiers m'ont emmenée à la composition des « sans titre ».

Cette mise en ordre de formes circulaires porte à la méditation ; sorte de totems apotropaïques , entre mandalas et maedate de kabuto .

Je voulais parvenir à l'élaboration de différentes compositions graphiques, symétriques et complexes sans quelconque intervention de moyens numériques.

J'exprimai donc le désir de travailler avec des matériaux primaires.

Colle , papier , ciseaux me parurent comme une trinité fiable.

Dans la continuité de mes systèmes de fabrication j'opère avec patience sur chaque pièce du tableau.

De sa conception graphique à sa découpe puis à son assemblage , le procédé est « fait main ».

L'activité manuelle maintient cet état de fragilité et de risque de l'anomalie ou du défaut.

Un jeu parfois hésitant ou je triche avec les perspectives, l'oeil pas assez aiguisé est tantôt absorbé par cette approximative symétrie, tantôt perdu dans le réseau des lignes.

 

Encore une fois je me retrouve confrontée a un soucis de format. Ces grosses formes énergiques se trouvent confinées dans un espace étroit ou il m'est difficile de poursuivre ma recherche sur l'équilibre des formes mais aussi sur celui du noir et du blanc. Pour cette raison je vais prochainement changer ce format 70x100 pour du plus grand .

 

 

SANS TITRE

2014

Collages

70x100

spirographe, papier, colle

Détails.

TAPISSERIE#1

2005

"JE SUIS FOLLE"

Lé de tapisserie à peindre

10,05x0,53

Bic encre noire

PAPIER MILIMETRE

2008

Rouleau de papier milimétré

En cours de remplissage : surface feutrée 2m

feutres

TAPISSERIE#2

"Iris"

2007

Campus universitaire, Grenoble

10,05x0,53

Lé de tapisserie à peindre, feutres

DESSINS et BRODERIES

2006

Dessins préalablement réalisés à l'encre de chine sur papier calque

Transférés sur toile de lin puis brodés et peints

40x55

fil , perles, peinture textile

VIDEO PERFORMANCE

"BRODERIE CUTANEE"

2006

durée 50' (en boucle)

kit de suture chirurgicale

 

INSTALLATION / PERFORMANCE

" LIFE CRISIS "

2006

durée de la performance  : 60'

injonction : mouvement incessant et 100 aiguilles d'acupunture

 

INSTALLATION / PERFORMANCE

"MITOSE"

2007

Durée : 45'

Binome : Baptiste Chenin

 

 

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